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Introduction

 

       Etre Fœtus...

Pour commencer, une simple question qui renferme bien des mystères...

Dis-moi, quelle vie mène le fœtus ?

 

Rendons-nous dans le ventre de la mère et observons les faits et gestes de l'enfant en devenir, lorsque le processus vital est lancé.

Nous allons pour ce faire reprendre dans le détail les éléments qui vont participer à maintenir l'embryon en bonne santé et favoriser sa croissance.

 

Les "annexes" sont indispensables

Contrairement à nous, le fœtus s’alimente grâce à sa maman.  
Ces échanges mère-enfant sont réalisés grâce à un système que l’on nomme : "les annexes" de l’œuf. Ces organes annexés à l’œuf seront éliminés après la naissance.

Les annexes sont composées du placenta, du cordon ombilical et des membranes de l’œuf.

Le placenta et le cordon se complètent mutuellement, tout en ayant chacun des rôles bien précis.

Le placenta puise, dans le sang maternel, matières premières et oxygène nécessaires au bébé. Placenta signifie "gâteau" en latin. A la fin de la grossesse, il ressemble en effet à un gros gâteau spongieux dont le diamètre est de 20 cm en moyenne et l'épaisseur de 2 à 3 centimètres.

C'est le cordon ombilical qui transporte les matières premières et l’oxygène jusqu'au placenta.

Les membranes, quant à elles, forment l'espèce de sac à l’intérieur duquel se trouvent l’œuf et le liquide amniotique. N’oubliez pas que lors de la nidation, l’œuf pénètre complètement dans la muqueuse utérine appelée caduque.

La membrane caduque tapisse toute la cavité utérine ainsi que l'endroit où va se nider l’œuf. A l’emplacement où l’œuf s’est implanté, le trophoblaste possède deux régions distinctes :

La première, qui est profonde et qui pénètre dans la muqueuse utérine afin d’alimenter l’embryon, est l'ébauche du placenta.

La deuxième se trouve à la périphérie de l’œuf et s’appelle chorion.

L’œuf est donc recouvert de deux couches de tissus :
la membrane caduque et le chorion.

Dans le même temps, une cavité remplie d’un peu de liquide apparaît dans le bouton embryonnaire. Celle-ci est appelée cavité amniotique et est limitée par une autre membrane appelée amnios. Cette cavité va petit à petit se remplir de liquide et s’agrandir au sein de la cavité utérine. Jusqu'à la 10e semaine où cette cavité sera remplie entièrement. L’amnios va donc se coller au chorion et à la caduque et, ensemble, ils vont former les différentes membranes de l'œuf.

Simultanément, l’embryon, qui augmente de volume, s’écarte de la zone d’implantation. Il s’éloigne petit à petit de la paroi utérine tout en y restant attaché par un pédicule entouré par l’amnios, au niveau du placenta. Ce pédicule est le futur cordon ombilical.

 

  • En ce qui concerne le placenta

Grâce au trophoblaste (voir plus haut), l’œuf reçoit les aliments dont il a besoin pour se développer. Très vite, cela va devenir insuffisant pour assouvir ses besoins naturels.

C’est pourquoi l’organisme maternel et l’œuf vont fabriquer une sorte de petite centrale : le placenta.

Le trophoblaste envoie de nombreux filaments dans toute la muqueuse qui, en quelques semaines, vont grossir, s’organiser, et former ce qu’on appelle les villosités du placenta. Des milliers et des milliers de villosités terminales vont ainsi se former et c’est par là que vont s’effectuer les échanges mère-enfant.

Ces villosités baignent, au niveau de l’utérus, dans une sorte de petite flaque sanguine qui constitue la partie maternelle du placenta. C’est dans cette "flaque" que circule le sang de la maman alors que, dans les villosités, c’est le sang du bébé qui circule, apporté par le cordon ombilical.

Le sang de la maman et celui de l’enfant vont se rencontrer au niveau du placenta. Les deux sangs ne vont pas se mélanger car ils sont séparés par la paroi de la villosité. Cependant, grâce à cette dernière, les échanges mère-enfant vont pouvoir se faire. Cette paroi va s’amincir de plus en plus au cours de la grossesse, facilitant ainsi les échanges au fur et à mesure que les besoins du bébé augmentent.

La fonction de ces villosités est d'éviter que le sang de la maman ne passe directement à l’enfant.  

  • En ce qui concerne les rôles du placenta

Le placenta est une véritable usine nutritive, ainsi que l'équivalent du poumon du bébé, puisque c’est à travers la membrane des villosités que le sang du bébé puise son oxygène.

Pour ce qui est de l'eau, elle traverse le placenta relativement facilement (3,5 litres à l’heure vers 35 semaines). Il en est de même pour la plupart des sels minéraux.

Pour ce qui est des aliments, les glucides et les lipides passent eux aussi sans difficulté ; quant aux autres matières premières, le placenta doit d’abord les transformer avant de les assimiler.

Comme dans une usine, quand il y a trop de nourriture, le placenta stocke le surplus dans un "magasin" dans lequel bébé puise en cas de besoin.

Le placenta joue également un rôle de douane. Il arrête certains éléments et en laisse passer d’autres. Il joue ainsi un rôle de défense face à d'éventuels agents agresseurs. Par exemple, la plupart des microbes ne peuvent pas le traverser.

Malheureusement, des microbes tels que le colibacille ou le tréponème de la syphilis, peuvent s’introduire à partir de la 19e semaine. Certains virus et parasites, grâce à leur petite taille, arrivent également à passer.

En fait, les anticorps maternels passent par le placenta et se retrouvent dans le sang du bébé, le protégeant ainsi contre les maladies infectieuses correspondantes pendant les 6 premiers mois de sa vie.

Cependant, il arrive que se ne soit pas positif pour l’enfant. Par exemple, lorsque la maman est rhésus négatif et que le fœtus, lui, est rhésus positif, si elle fabrique des agglutinines anti-rhésus, ceux-ci arrivent dans le sang du fœtus et risquent de détruire ses globules rouges.

Les médicaments passent également dans le placenta. Cela peut avoir un effet positif sur le bébé. Par exemple, un antibiotique va protéger le bébé contre l’action de la maladie. Mais cela peut aussi avoir des effets négatifs car l’alcool et les drogues, par exemple, s'y introduisent sans peine.

Un des rôles du placenta est également de fabriquer des hormones :

       La gonadotrophine chorionique
Cette première joue un rôle externe dès le début de la grossesse puisque c’est sur sa présence dans le sang ou dans les urines que sont basés les tests de grossesse en laboratoire et ceux qui sont vendus en pharmacie.

La production de cette hormone augmente très vite jusqu’à la 10e ou 12e semaine de grossesse. Son taux est un excellent témoin de vitalité.

Par la suite, il diminue jusqu’au 4e mois où il reste stable. Le rôle esssentiel de cette hormone est de garder en activité le corps jaune indispensable à la survie de l'oeuf.

       L'hormone lactogène placentaire
Cette seconde a un rôle qui n’est pas encore bien défini, mais son dosage est un bon indice quant au bon fonctionnement du placenta.

Le placenta fabrique également d’autres hormones telles que
les oestrogènes et la progestérone.

Au début de la grossesse, c’est le corps jaune qui fabrique ces hormones. Vers la 7e ou la 8e semaine, c’est le placenta qui prend le relais, il va en fabriquer de plus en plus, et ce jusqu’à la fin de la grossesse.

Ces hormones sont indispensables au développement du bébé. Ici encore, leur dosage est un indice quant à la vitalité de la grossesse.

  • En ce qui concerne le cordon ombilical

Le cordon est une sorte de tige gélatineuse, arrondie, blanchâtre et luisante qui unit le bébé au placenta. Il mesure plus ou moins 60 cm mais peut aller jusqu’à 1,50 m. Son épaisseur est d’environ 1,5 cm. Il est formé en grand partie par les cellules de l’amnios (une des membranes qui recouvrent le fœtus).

A chaque extrémité du cordon, l’amnios formant la gaine de celui-ci se confond avec la peau de l’abdomen (du coté fœtal) et avec l’amnios qui recouvre le placenta (du coté placentaire). Le cordon possède une veine et deux artères.

La veine apporte au bébé de la nourriture et de l’oxygène prélevés et transformés par le placenta dans le sang maternel.

Les deux artères emportent les déchets (gaz carbonique, urée, etc. ) jusqu'au placenta qui les déverse dans la circulation sanguine maternelle.

Le cordon est solide et élastique ; il est très très difficile de le comprimer et les transports sanguins ne risquent donc pas d’être perturbés. De plus, il est très souple, ce qui permet au bébé de pouvoir faire tous les mouvements possibles dans l’espace restreint qui l’entoure.

Lors de la naissance, la section du cordon rompt définitivement les liens entre la circulation maternelle et celle du bébé qui devient autonome. Ensuite, tout ce qui reste du cordon, au niveau de l’abdomen du petit, tombe et laisse une marque indélébile qui restera toute sa vie, le nombril.

Au-delà des rôles qu’il accomplit, le cordon représente certains symboles (Elle n’a pas coupé le cordon, il se prend pour le nombril du monde, etc.).  

 

  • En ce qui concerne les membranes de l'œuf

Voilà notre bébé nourri par le placenta, ravitaillé par le cordon ombilical et protégé par ses enveloppes. Il se trouve au milieu de tout cela, comme un poisson dans l’eau, flottant dans le liquide amniotique.

Les enveloppes, ne l’oublions pas, sont composées de trois parois :
le chorion, la caduque et l’amnios.

Quant au liquide amniotique, il proviendrait de plusieurs sources.

Le fœtus en sécrète lui-même avec sa peau (jusqu’à la 20e semaine), ou par le cordon (a partir de la 18e semaine), par les poumons, par la vessie.

Une autre partie du liquide pourrait provenir de l’organisme maternel et passer à travers les membranes de l’œuf.

La quantité de liquide augmente avec les mois de grossesse.
A la 7e semaine, elle est de 20 cm³ ; à la 20e semaine, 300 à 400 cm³, et enfin à terme, la quantité est de 1 litre en moyenne. Si la grossesse dépasse son terme, la quantité de liquide diminue petit à petit.

Le liquide amniotique est transparent, clair, et dégage une odeur fade. Environ 97% du liquide est composé d’eau exclusivement. Il contient aussi toutes les substances que l’on trouve dans le sang et les cellules éliminées par la peau et les muqueuses du fœtus : des poils et des morceaux de matières sébacées qui forment des grumeaux.

Le liquide est constamment remplacé et, à la fin de la grossesse, il est changé toutes les trois heures. Le liquide est perpétuellement sécrété et absorbé pour être remplacé.

Le bébé absorbe le liquide par la peau et en avale une grande quantité surtout en fin de grossesse (450 centimètres cubes par jour).

Une partie du liquide filtre à travers les reins et reforme de l’urine fœtale. L’autre partie est absorbée par l’intestin. Elle parvient jusqu’à la circulation fœtale et, par l’intermédiaire du placenta, retourne à l’organisme maternel.  

 

  • En ce qui concerne le rôle du liquide amniotique

Le rôle du liquide amniotique est bien entendu de protéger le bébé contre les chocs extérieurs, mais il lui permet également de se mouvoir aisément à l’intérieur de l’utérus et de maintenir une température constante.

Il apporte au fœtus une grande quantité en eau et en sels minéraux. En fin de grossesse, il aide le bébé à trouver la meilleure position pour sortir ; ainsi, l’accouchement se déroulera le plus efficacement possible.  

Durant l’accouchement, le liquide amniotique s’accumule dans la région inférieure de l’œuf afin de former la poche des eaux. Celle-ci va pousser le col à se dilater.

Après la rupture des membranes (la perte des eaux), le liquide amniotique va s’écouler à l’extérieur et servira ainsi à lubrifier les voies génitales, ce qui facilitera l’accouchement.

Malgré le peu de connaissances que nous avons sur le liquide amniotique, les médecins pensent qu’il contient des substances utiles à la croissance du bébé, d’autres susceptibles d’anéantir certains microbes et d'autres, enfin, capables d'agir sur les contractions utérines.

Ce qui est sûr, c’est que c’est un lieu vivant, un endroit où les échanges se font en permanence entre la mère et l’enfant.

Pour terminer, ce liquide est également intéressant lorsqu'il s'agit de procéder à des examens médicaux pour surveiller la grossesse : l'amniocentèse, par exemple.  

 


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